Pétanque : Boule de petanque

Monsieur l’arbitre, je voudrais faire pipi

Il y a des bons règlements, mais il y a aussi et malheureusement de mauvais règlements apparus sur les terrains de pétanque ces 10 dernières années. Parmi eux, une règle me semble particulièrement ridicule et totalement inapplicable, donc source de problème. Et comme beaucoup de règles qui ne me plaisent pas, celle-ci entre dans la catégorie « Vouloir être plus royaliste que le roi » ou « Excès de Zèle » si vous préférez.

Article 32 – Le jeu continue même si vous quitter le terrain

Si vous avez besoin d’aller aux WC, vous demandez l’autorisation à l’arbitre, il vous dit oui, vous quittez le terrain. Mais voilà, le jeu se poursuit, donc si c’est à votre tour de jouer, vous avez une minute pour revenir et jouer. Sinon, vos boules sont perdues.

(…)

Aucun joueur ne peut s’absenter d’une partie ou quitter les terrains de jeu sans l’autorisation
de l’Arbitre.
En tout état de cause cette sortie n’interrompt ni le déroulement de la partie, ni l’obligation pour ses partenaires de jouer leurs boules dans la minute impartie. S’il n’est pas revenu au moment où il doit jouer ses boules celles-ci sont annulées à raison d’une boule par minute.
Si l’autorisation n’a pas été accordée, il est fait application des pénalités de l’article 35.

(…)

Comprenez bien, vous être une féminine, vous n’allez pas exprimer votre envie contre l’arbre au bout du jeu. Vous allez aux sanitaires, et c’est parfois bien loin du carré, vous arrivez devant la porte, c’est occupé… arrêtez là, vous avez perdu la partie.

Et même pour un homme, le problème peut être le même. Courir aux WC et tomber sur la porte fermée. Assouvir son besoin contre un arbre et ainsi faire preuve d’un mauvais comportement, soit une faute encore plus grave d’un point de vu disciplinaire.

Pourquoi avoir créer cette règle ?

Avant cela, lorsque l’arbitre vous donnait la permission de quitter le terrain, vous faisiez ce que vous aviez à faire, prenant le temps nécessaire, puis vous reveniez, et le jeu reprenait.

Seulement voilà, il y avait des abus. Les arbitres autorisaient quasi automatiquement les joueurs demandeurs, et certains pouvaient en abuser pour casser le rythme d’une partie mal engagée. D’autres pouvaient en profiter pour fumer une cigarette sur le chemin des WC. Ils abusaient ainsi de la liberté offerte. Mais on parle de certains joueurs, pas de la majorité.

Absolument inapplicable, même à haut niveau

Pauvres arbitres. Comment faire pour appliquer une telle règle ? Sur le papier, c’est facile. Mais sur le terrain, c’est ingérable. Suffit de reprendre la situation décrite au début de l’article, avec des sanitaires éloignés, et nous voyons bien l’absurdité de la règle dans l’esprit de la joueuse ou du joueur qui s’y retrouve confronté.

Certes, on nous dira qu’au foot ou au basket, les joueurs ne s’absentent pas pendant le match. Pause, je vais faire pipi, je reviens. Ok. Mais nous répondrons qu’au tennis ils peuvent demander à l’arbitre de s’absenter justement pour un besoin naturel.

Qui plus est, on dit généralement qu’à haut niveau, il est infiniment plus simple pour l’arbitre de faire respecter le règlement de la pétanque à la lettre. C’est vrai. Mais, en 2016, à plusieurs occasions sur les championnats de France et Nationaux, cela ne s’est pas produit. Sans tous les citer, lors du dernier France 2016 en TAT féminin, une joueuse a demandé à quitter le terrain (à 0 – 10, mais les envies pressantes ne préviennent pas n’est-ce pas), et l’arbitre européen sur place à autoriser la sportive, qui est revenue bien plus de 3 minutes plus tard, et à jouer ses trois boules. Le propos n’est pas de dire que l’arbitre a fait une erreur, mais bel et bien de démontrer que cet article est extrêmement délicat à faire appliquer tel qu’il est écrit. Nous aurions tous trouver injuste si l’arbitre avait dit, désolé vous ne pouvez jouer vos boules.

Alors comment voulez vous que le pauvre arbitre de district (oui je sais, ça n’existe pas) puisse faire appliquer cette règle ? On le met bien dans la m… quand même.

Pourtant, il existait déjà une règle contre ce problème

Et oui, cette règle est là le parfait exemple d’une règle qui rend plus sévère une règle qui existait déjà. Le tout pour résoudre le même problème, et la sévérité de la règle aide rarement l’humain à l’appliquer, car lourde de conséquence.

Comment ça elle existait déjà ?

Et bien oui, car le règlement précisait bien que la demande de quitter le terrain ne devait être acceptée qu’au bon vouloir de l’arbitre. Il pouvait dire non !

Le problème, c’est que les arbitres avaient pris l’habitude de toujours dire oui. Il aurait simplement fallu briefer nos arbitres, pour leur faire comprendre que dire oui devait être l’exception, et non la règle. On autorise le joueur à quitter le terrain que vraiment si on a le sentiment qu’il a besoin de le faire, et pas juste parce qu’il le demande avec un gros sourire hypocrite. Faire cela aurait résolu le problème, sans plomber le moral des joueurs honnêtes.

Proposition intelligente

Carton jaune à la pétanque

Attention au respect de la minute de jeu !

Vous allez me dire, c’est compliquer de faire preuve de jugement pour dire oui ou non. Ok, alors gardons la règle actuelle, mais ajoutons ceci :

Le jeu continue, mais si la partie se trouve arrêtée plus d’une minute car les partenaires doivent attendre le joueur qui vient de s’éclipser, alors ce joueur recevra un carton jaune. Mais il pourra jouer sa ou ses boules, et la mène se poursuit normalement. (S’il avait déjà un jaune, ça devient un orange).

Et si le joueur arrive à temps sans que le jeu n’ait été arrêté par nécessité, et bien tout va bien.

Cela permet à l’arbitre d’appliquer une sanction bien plus en rapport avec la situation. Et de ne pas passer soit pour le méchant, soit pour celui qui n’applique pas le règlement.

1 Commentaire

  1. barraud claude

    Cet article me rappelle un bien mauvais souvenir, c’était en 1991 à Reims lors d’un CDF individuels!

    Après les poules je rencontre un pseudo ami de la Gironde que je connaissais bien étant moi même originaire du sud de la Charente Maritime qui jouxte la Gironde, et je représentais mon comité du 35 (Ille et Vilaine)

    Sur un terrain sablonneux très avantageux au tir celui qui jetait le but en premier concédait au moins deux points, nous tirions tous les deux à la perfection sur cette partie!

    A 11 à 11 mon adversaire devait jeter le but et à ce moment là il me dit « Claude désolé mais j’ai une soudaine colique, je dois m’absenter » en accord avec mon délégué on lui a donné le feu vert!

    Bien mal nous en a pris, ce joueur m’a fait attendre plus de 15mns en plein soleil, et à son retour devant l’attente et la chaleur il a fallu que je tire d’entrée bien sûr et j’ai pas fait passer et il a cadré sur mes deux dernières boules et ainsi j’ai perdu!

    Depuis on s’est revu et à chaque fois son regard lumineux rappelle qu’il m’a bien eu, donc ce nouveau règlement ok mais bien sûr il faut l’appliquer avec diplomatie, c’est à l’arbitre de voir dans le comportement, le regard s’il s’agit d’un échappatoire à une défaîte ou une absence qui est justifiée!

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